A l’approche des législatives, Moscou bloque 49 sites Internet liés à Alexeï Navalny

Alexeï Navalny lors d’une manifestation, le 29 février 2020 à Moscou.

A l’approche des élections législatives, qui auront lieu à la mi-septembre, les autorités russes accroissent leur pression contre l’opposition. Lundi 26 juillet, Moscou a bloqué 49 sites Web liés à l’opposant emprisonné Alexeï Navalny.

Selon le gendarme de l’Internet Roskomnadzor, l’accès au site du Fonds de lutte contre la corruption (FBK), créé par l’opposant, ainsi qu’à ceux de ses bureaux régionaux, a été restreint à la demande du Parquet russe. Le FBK, connu pour ses enquêtes sur le train de vie et les malversations des élites russes, et les bureaux régionaux qui s’occupent d’organiser les manifestations et les campagnes électorales de l’opposant, avaient été déclarés en juin « extrémistes » par la justice russe.

L’impopularité du parti au pouvoir va croissant

Cette décision faisait suite à des mois de répression visant l’opposition, marqués par l’envoi d’Alexeï Navalny, 45 ans, en colonie pénitentiaire, l’exil de plusieurs cadres de son mouvement, mais aussi des mesures ciblant la presse indépendante et d’autres voix critiques.

Selon Leonid Volkov, un proche de Navalny qui vit lui-même en exil, en Lituanie, ces mesures visent à entraver davantage les activités des partisans de M. Navalny avant les élections législatives de septembre, alors que l’impopularité du parti au pouvoir, Russie unie, va croissant. En mai, les députés russes avaient adopté une proposition de loi qui interdisait aux personnes impliquées dans des groupes catalogués « extrémistes », comme le FBK, de se présenter aux élections législatives. « Mais nous allons bientôt raconter comment l’on pourra contourner tout cela », a assuré M. Volkov.

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Faire taire toute critique

Depuis le retour en Russie d’Alexeï Navalny en janvier 2021, après plusieurs mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait d’un empoisonnement dont il accuse Vladimir Poutine, ce qu’ont confirmé des enquêtes journalistiques, les autorités russes se sont lancées dans une large opération visant à faire taire toute voix critique.

Outre l’opposition, cette opération vise aussi les médias et les ONG. Plusieurs sites d’information ont été déclarés ces derniers mois « agents de l’étranger », ce qui a entravé leur fonctionnement et a forcé l’un d’eux, VTimes, à fermer par crainte de poursuites judiciaires. Un site d’investigation réputé, Proekt, a lui été déclaré « indésirable » par le ministère de la justice, interdisant de facto ses activités.

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A la mi-juillet, le groupe d’avocats Komanda 29, qui avait défendu les organisations d’Alexeï Navalny et défend, plus généralement, les Russes accusés de trahison ou d’espionnage, a annoncé son autodissolution, après avoir été accusé d’être associé à une organisation tchèque « indésirable ». Samedi, c’est le candidat communiste à l’élection présidentielle de 2018, Pavel Groudinine, qui a été interdit de se présenter aux élections législatives, au motif qu’il détient des actions dans une entreprise étrangère.

Le Monde avec AFP

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