A Londres, un rapport indépendant révèle un scandale d’agressions sexuelles sur des enfants placés

Viols, agressions sexuelles, racisme, culture du silence : un rapport publié, mardi 27 juillet, a mis en évidence le calvaire subi pendant des décennies depuis les années 1960 par des enfants au sein des services sociaux de Lambeth, dans le sud de Londres.

Selon John O’Brien, secrétaire de l’enquête indépendante sur les agressions sexuelles sur des enfants (IICSA), il s’agit du pire rapport parmi les quinze produits jusqu’ici par cette instance, qui a notamment enquêté sur les Eglises catholique et anglicane ainsi que le Parlement britannique. L’IICSA avait été mise sur pied en 2015 après une série de scandales d’agressions sexuelles sur mineurs mettant en cause des personnages de premier plan, à l’instar du présentateur de la BBC Jimmy Saville.

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Dans son rapport publié mardi, elle souligne que le conseil local de Lambeth a eu connaissance des plaintes de 705 anciens pensionnaires de trois centres d’accueil pour des faits de viol et d’agression sexuelle, mais souligne que leur nombre est, en réalité, très certainement bien plus élevé.

Intimidation

Le texte de 228 pages met en évidence que les services sociaux de Lambeth ont mis des « enfants vulnérables sur le chemin d’adultes connus ou soupçonnés d’être des auteurs de violences sexuelles sur des enfants », qui avaient réussi à intégrer les services sociaux.

Il cite l’exemple d’un homme, employé dans une maison d’accueil, qui avait caché dans les années 1970 qu’il avait été condamné pour agression sexuelle sur enfant mais a néanmoins pu conserver son poste alors son passé était connu. Il a été condamné en 1999 pour 34 faits d’agression sexuelle sur mineurs, y compris sur deux garçons pris en charge par les services sociaux de Lambeth en 1980 et en 1983.

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Le rapport met également en exergue l’échec de l’encadrement à agir face aux signalements et le fait que les employés traitaient les enfants « comme s’ils ne valaient rien », faisant preuve d’un « mépris total » à leur égard. Le texte reproche également à la collectivité de s’être consacrée davantage à s’attaquer au gouvernement de Margaret Thatcher dans les années 1980, qu’à s’occuper des services sociaux. Nombre de témoins ont également dénoncé « violence, intimidation et racisme comme faisant partie de leur quotidien ».

Mea-culpa de la police

Il recommande également que la police envisage une enquête pénale au sujet de la mort d’un garçon mort en 1977, qui avait préalablement dénoncé des faits d’agression sexuelle de la part d’un responsable.

Dans un communiqué, la police de Londres a fait savoir qu’elle allait examiner la question et a présenté son mea-culpa. « Il est clair qu’à différentes reprises nous avons manqué des occasions d’identifier des agresseurs et d’enquêter davantage », a déclaré le commandant Alex Murray, « nous sommes désolés pour les fois où nous avons laissé tomber les enfants confiés à Lambeth ».

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Scotland Yard a mis en avant l’amélioration, notée par le rapport, de la manière dont la police londonienne enquête sur les accusations d’agressions sexuelles sur mineurs et a appelé quiconque en aurait été victime à se manifester. Le conseil de Lambeth a présenté ses excuses et accepté la totalité des recommandations du rapport.

Le Monde avec AFP

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