Covid et tourisme : « Pas de vague d’annulations, mais un coup de frein sur les réservations »

INTERVIEW

Quel premier bilan pour le secteur du tourisme ? Alors que les restrictions sanitaires et la progression du variant Delta du coronavirus rendent le bon déroulement de l’été incertain, les professionnels notent que les chiffres de juillet sont plutôt bons. Invité mercredi d’Europe 1, Michel Durrieu, directeur général de Huttopia international, estime lui qu’il va être « difficile cette année de faire un bilan rapide » à la mi-saison. En revanche, plusieurs constats peuvent déjà être soulignés, ajoute-t-il, comme celui de la chute des réservations des touristes étrangers.

Alors que la nouvelle loi sur les mesures anti-Covid, dont l’extension controversée du pass sanitaire, entrera en vigueur le 9 août prochain, la mise en place de ce fameux pass s’organise déjà dans les lieux de vacances. « On est en train de le mettre en place lentement, sans prévisions, c’est compliqué », témoigne Michel Durrieu. 

« Moins de spontanéité » dans la consommation

Actuellement, précise l’invité d’Europe 1, « on n’a pas de vague d’annulation, mais on a vraiment un coup de frein sur les réservations, et en particulier sur les réservations des Européens qui commençaient à revenir de façon assez significative ». Cet été, « les Anglais n’ont pas pu venir », mais les Néerlandais et les Belges « sont revenus de façon assez significative ». 

Par ailleurs, la double crise sanitaire et économique entraîne aussi « des difficultés dans la restauration et l’hôtellerie pour embaucher du personnel », mais aussi chez les Français, « qui ont pour certains des difficultés économiques ». Cette baisse du pouvoir d’achat, « on commence à la sentir sur la consommation », assure Michel Durrieu. Et l’incertitude née des mesures de restriction, auxquelles s’ajoutent les difficultés économiques, font qu’il y a « un peu moins de spontanéité » au niveau de la consommation. 

Une très mauvaise météo

Et comme si cela ne suffisait pas, les professionnels du tourisme ont dû composer avec une météo catastrophique au mois de juillet. « Il a plu 16 jours contre 7 l’année dernière », rappelle Michel Durrieu. Or, cette météo capricieuse influe fortement sur la fréquentation, alors que les gens réservent de plus en plus en dernière minute. 

Reste que tout n’est pas négatif cet été. Par exemple, « le camping est sur une tendance forte, et les gîtes de France marchent parfaitement bien ». Et pour la suite, Michel Durrieu insiste sur l’importance de la vaccination. « Le tourisme ne pourra réellement redémarrer qu’à partir du moment où on aura un taux de vaccination élevé », assure-t-il. Et de conclure, optimiste : « Dans les prochains mois, on verra ce redémarrage, il faudra l’accompagner. »

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