Vaccin Moderna : autorisé pour les 12-17 ans, quels effets secondaires ? Quel délai pour le pass sanitaire ?

Vaccin Moderna : autorisé pour les 12-17 ans, quels effets secondaires ? Quel délai pour le pass sanitaire ? L’autorité sanitaire européenne donne son feu vert pour l’utilisation du vaccin Moderna chez les mineurs de 12 à 17 ans, le deuxième après Pfizer. Si la France suit cet exemple, la campagne de vaccination pourrait progresser plus rapidement chez les jeunes en vue de la rentrée scolaire et de l’utilisation du pass sanitaire en septembre.

[Mis à jour le 23 juillet 2021 à 15h51] Après Pfizer, le vaccin Moderna peut à son tour être administré aux mineurs de 12 à 17 ans, en Europe. L’Agence européenne des médicament a annoncé la nouvelle ce vendredi 23 juillet et a précisé que la réponse immunitaire observée chez les plus jeunes était la même que celle de la tranche d’âge des 18-25 ans. Le vaccin doit encore être approuvé par les autorités sanitaires nationales mais, si elle marche dans les pas de l’EMA, la décision pourrait booster la campagne de vaccination. Le gouvernement a déjà prévenu qu’il organiserait une campagne à l’attention des jeunes pour augmenter le nombre d’élèves vaccinés dans les écoles à la rentrée, une stratégie qui irait encore plus vite avec l’utilisation non pas d’un mais de deux vaccins. 

La nouvelle est également bienvenue dans le cadre du pass sanitaire, le document sera obligatoire pour les mineurs d’au moins 12 ans dès le 30 septembre. Comme pour le reste de la population, la vaccination des plus jeunes devient une course contre la montre et l’utilisation d’un second vaccin ne sera pas de refus. Pour les Français majeurs, le pass sanitaire est entré en vigueur le mercredi 21 juillet et depuis inutile d’espérer se rendre dans les lieux de loisirs et de culture sans être vacciné. Pour jouir d’une certaine liberté et pouvoir se rendre partout mieux vaut recevoir la première dose de vaccin au plus vite. Il y a toute une logistique qui espace de quatre semaines le moment où l’on reçoit la première injection et l’obtention du pass sanitaire. Le vaccin à ARN messager Moderna nécessite deux piqûres qui doivent respecter un intervalle de trois semaines, et après la seconde injection, il faut encore patienter sept jours pour jouir d’un schéma vaccinal complet. Le délai d’incubation initialement établi à deux semaines a été réduit de moitié comme l’a annoncé Olivier Véran, le 13 juillet.

Ce qu’on sait sur le vaccin moderna

  • Une efficacité spectaculaire – Moderna revendique un taux d’efficacité encore plus élevé que son concurrent Pfizer : 94,1%, à l’issue de deux injections. « Cette analyse intérimaire positive issue de notre essai de phase 3 nous donne les premières indications cliniques que notre vaccin peut prévenir la maladie du Covid-19, y compris la forme grave », peut-on lire dans le communiqué de Moderna. Concrètement, Moderna a identifié 95 volontaires ayant contracté le Covid-19 dans son groupe de 30 000 volontaires : 90 font partie du groupe ayant reçu un placebo, 5 figuraient dans le groupe ayant été vacciné. 
  • Protection contre les variants – Dans un communiqué publié le 25 janvier, le laboratoire Moderna affirme que son vaccin est efficace contre les différents variants venant de Grande Bretagne et d’Afrique du Sud. Plus récemment, dans un communiqué publié le 29 juin, le PDG du laboratoire, Stéphane Bancel, avançait que « le vaccin Moderna COVID-19 devrait rester protecteur contre les variantes nouvellement détectée ». Il s’appuyait sur les résultats d’une étude menée par la biotech sur huit échantillons de sang de personnes vaccinées pour observer le taux d’anticorps produits contre plusieurs variants. Les taux de cellules neutralisantes restaient suffisants malgré une diminution évaluée entre 2,1 et 3,4 par rapport au nombre d’anticorps produits face à la souche historique du Covid-19.
  • Une efficacité sur les personnes fragiles – 42% des volontaires sont issus de populations à risques (personnes de plus de 65 ans ou présentant un facteur aggravant). Les cas les plus graves apparus pendant les essais se sont tous manifestés dans le groupe n’ayant pas été vacciné. « Cela montre que notre vaccin permet, la plupart du temps, de ne pas être malade du tout, et que les quelques personnes vaccinées qui tomberont malgré tout malade n’auront pas de maladie grave », s’est réjouit Stéphane Bancel, le PDG de Moderna, auprès du Monde.
  • Des effets indésirables faibles C’est en tout cas l’une des promesses de Moderna. « Un examen des effets indésirables sollicités a indiqué que le vaccin était généralement bien toléré. La majorité des événements indésirables étaient d’intensité légère ou modérée », peut-on lire dans le communiqué de presse de Moderna. Après la deuxième injection, des patients ont constatés certains effets collatéraux : fatigue (9,7%), douleurs musculaires (8,9%), douleurs articulaires (5,2%), maux de tête (4,5%) et rougeurs autour du point d’injection (2%). Parmi les effets secondaires très fréquents (soit plus d’une personne sur dix concernée), la notice mentionne des gonflements dans l’aisselle, des maux de tête, des nausées, des vomissements, une douleur musculaire, douleur articulaire et raideur, une douleur ou gonflement au site d’injection, une fatigue importante, des frissons et de la fièvre. Des effets indésirables « d’intensité légère », indique toutefois le laboratoire.

    L’Agence nationale de sécurité des médicaments s’occupe de rester vigilante sur l’apparition de nouveaux effets secondaire, mais elle n’en compte « que » 6 213 sur plus de 5,5 millions d’injections d’après le rapport daté du 16 juillet. L’autorité précise que la plupart des cas concernent des « réactions retardées locales non graves ». Mais quelques signalement d’effets plus inquiétants font l’objet d’une surveillance renforcée comme les myocardites et péricardites, dont respectivement 7 et 13 cas ont été enregistrés en France depuis le début de la vaccination et pour lesquels « la majorité des patients sont rétablis ou en cours de rétablissement ». L’ANSM fait également part de « 3 cas graves de polyarthrite rhumatoïdes et 3 cas de néphropathie glomérulaire observés depuis le début de la vaccination » avec Moderna. S’ils sont évoqués les risques sont minimes par rapport au nombre de vaccination et n’entachent pas la balance bénéfices-risques toujours en faveur du vaccin.

  • Un conservation à -20°C – L’un des points forts du vaccin de Moderna réside dans ses conditions de conservation : le laboratoire assure que le vaccin peut être conservé à -20 °C, soit la température d’un congélateur standard. La stabilité du vaccin est aussi assurée pour six mois.
  • Principe de l’ARN messager – L’entreprise, également américaine, mais dont les travaux sont dirigés par un Français, est la deuxième à utiliser la technique de l’ARN messager, dont le principe est de communiquer à l’organisme les informations génétiques nécessaires pour déclencher de manière autonome une protection contre le virus. « Le vaccin ARNm-1273 induit une réponse immunitaire forte et rapide au SARS-CoV-2 », a déjà promis Moderna.
  • Bientôt homologué chez les enfants – Lors d’une interview accordée à BFM TV, jeudi 3 juin, le patron de Moderna Stéphane Bancel a envisagé une homologation du vaccin Moderna pour les enfants de 6 mois à 11 ans, d’ici l’automne. « Elle prend un peu plus de temps, car pour les enfants en bas âge, il faut démarrer avec une dose beaucoup plus basse », a-t-il souligné.

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